À quelques semaines du coup d’envoi de l’Afrobasket féminin 2025, le sélectionneur des Lionnes, Otis Hughley Jr, affiche clairement ses ambitions. Entre volonté de retrouver les sommets continentaux et préparation de la relève, le technicien américain veut allier performance immédiate et vision à long terme. Malgré les contraintes liées à l’absence de certaines joueuses, il reste déterminé à construire un groupe capable de rivaliser avec les meilleures, notamment le Nigeria, quadruple champion en titre.
«Tout d’abord, je suis très excité par le groupe et le travail accompli par la Fédération ainsi que mes assistants, notamment Madiène Fall et Diop, qui ont encadré l’équipe pendant près de deux semaines. Je suis vraiment enthousiaste à l’idée de travailler avec ces jeunes talents », a-t-il confié.
Malgré les ambitions, les contraintes administratives ont freiné certaines convocations. Otis Hughley Jr s’est dit déçu de ne pas pouvoir compter sur des joueuses retenues aux États-Unis : « Nous sommes déçus, évidemment, par la situation de certaines joueuses, mais il y a des choses qu’on ne peut pas contrôler. Nous avons un président (Donald Trump) qui a sa propre manière de gérer certaines questions. Dans ce genre de contexte, il faut aller de l’avant, ne pas chercher d’excuses et faire avec les moyens du bord. »
Il salue malgré tout les efforts du président Ousmane Sonko et de la Fédération, qui ont choisi de tenir le stage au Sénégal.
« Le président de la Fédération a tout fait pour que ces joueuses puissent rejoindre le groupe, mais malheureusement cela n’a pas abouti. En tant qu’entraîneur, je dois m’adapter à la situation et continuer à avancer. On ne peut pas reculer, on doit trouver des solutions et aller de l’avant pour être compétitifs. »
« Je pense que la Fédération et le Premier ministre Ousmane Sonko ont pris la bonne décision en maintenant finalement le stage au Sénégal. C’était la meilleure chose à faire dans les circonstances actuelles. »
Concernant la sélection finale, rien n’est figé. « L’objectif, c’est de prendre les 12 meilleures. On ne saura pas qui elles sont avant la fin de la préparation. En août dernier, nous avions sélectionné les 12 meilleures. Ce sera pareil cette fois-ci : on ne connaît pas encore les douze, mais on fera tout pour prendre celles qui peuvent vraiment représenter le Sénégal au plus haut niveau. »
Le sélectionneur n’exclut pas d’amener plusieurs jeunes à Abidjan, mais précise : « On prépare cet Afrobasket, mais on pense aussi à l’avenir. On ne pourra pas emmener toutes ces jeunes filles en Côte d’Ivoire, mais on essaie d’en intégrer autant que possible. Une équipe qui veut réussir à long terme doit préparer la relève. Cela ne signifie pas que toutes les jeunes seront dans la liste finale, mais même si elles ne sont pas sélectionnées cette fois-ci, elles seront prêtes pour la prochaine occasion. »
La rivalité avec le Nigeria reste vive. Hughley, ancien coach des D’Tigress, connaît bien son futur adversaire : « Toutes ces filles sont passées entre mes mains. On est déterminé à les battre, comme toutes les autres équipes. Notre objectif est de gagner le titre, oui, mais aussi de poser les bases solides d’une équipe compétitive pour les années à venir. On ira en Côte d’Ivoire pour défendre crânement nos chances.»
Avec un savant mélange de jeunesse et d’expérience, les Lionnes se préparent à affronter les meilleures équipes du continent. Le message est clair : le Sénégal veut jouer la gagne, tout en construisant un futur solide.
