Le dossier opposant le Sénégal aux instances du football africain prend une nouvelle tournure. Réunis à Paris jeudi, les avocats de la Fédération sénégalaise de football, en présence de son président Abdoulaye Fall, ont détaillé leur stratégie dans la procédure engagée devant le Tribunal arbitral du sport.
Au centre des débats, la décision du Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) qui a inversé l’issue sportive de la finale en attribuant le titre au Maroc sur forfait. Une orientation radicalement différente de celle du Jury disciplinaire, qui avait initialement opté pour des sanctions ciblées contre la Fédération, le sélectionneur Pape Thiaw et deux joueurs cadres, Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye.
Pour la défense sénégalaise, cette bascule pose un problème de cohérence. Me Seydou Diagne a dénoncé une décision difficilement soutenable sur le plan juridique. D’autant que la procédure elle-même suscite des interrogations : entendues brièvement, les deux parties n’ont pas encore vu l’audience reprendre, laissant planer une incertitude sur le calendrier réel du dossier.
Si les délais classiques du TAS s’étendent sur plusieurs mois, une accélération reste possible, à condition d’un consensus entre les différentes parties, notamment la CAF et la partie marocaine. Mais en parallèle, certains éléments relevés par les avocats sénégalais alimentent le doute, notamment le rejet de certaines requêtes marocaines liées aux récompenses de la compétition, malgré la décision sportive rendue.
Au-delà du contentieux sportif, la défense n’exclut pas d’élargir le champ de l’affaire. Des indices jugés sérieux pourraient, selon Me Pierre-Olivier Sur, ouvrir la voie à des investigations d’une autre nature. Autour de lui, plusieurs figures du barreau, dont Me Aly Fall et Me Aissata Tall Sall, participent à une défense qui entend désormais dépasser le cadre strictement sportif.

